jeudi 03 mars 2016

rapport d’Economie Suisse sur les différents modes de transports helvétiques (suite)> Retour

ROUTE : 

LE RÉSEAU ROUTIER SUISSE SE DÉGRADE ALORS MÊME QUE LA MOBILITÉ NE CESSE D’AUGMENTER

La route reste de loin le mode de transport le plus important de Suisse puisqu’elle absorbe 84% du trafic voyageur et 62% du trafic marchandises

LES EMBOUTEILLAGES, SOURCE DE COÛTS ÉLEVÉS POUR L’ECONOMIE 

Aux heures de pointe en particulier, les infrastructures routières atteignent les limites de leurs capacités. Les heures d’embouteillage ont plus que doublé depuis 2008 pour atteindre plus de 21'000 heures en 2014. Les pertes qui en résultent pour l’économie se chiffrent en milliards de francs.

Au vu de la forte augmentation de la mobilité, la mise à disposition d’une infrastructure adaptée à la demande constitue un défi majeur. Cette évolution a également des répercussions sur le classement mondial de la compétitivité établi par le Forum Economique Mondial (WEF). Alors que la Suisse possédait la deuxième meilleure infrastructure routière du monde en 2009, elle ne figure plus qu’au neuvième rang du dernier classement.

L’acheminement des biens dans les grands centres est de plus en plus problématique en raison des restrictions de circulation au cœur des villes et du déplacement des centres logistiques à la périphérie sous la pression d’une urbanisation croissante.

RAIL :

L’OFFRE FERROVIAIRE PROPOSÉE EN SUISSE EST EXCELLENTE EN COMPARAISON INTERNATIONALE. UN TEL SUCCÈS A UN COÛT, DANS LA MESURE OU LES PRIX NE COUVRENT QU’UNE PARTIE DES FRAIS OCCASIONNES.

La Suisse peut s’enorgueillir de posséder l’une des meilleures offres de chemins de fer de la planète. Elle rivalise régulièrement avec le Japon dans la lutte pour la suprématie mondiale en ce qui concerne la qualité de l’infrastructure. Elle figure ainsi au deuxième rang du dernier classement établi par le Forum Economique Mondial (WEF).

Le rail détient une part de marché de 16% pour le trafic voyageurs et de 38% pour le trafic marchandises.

Le service ferroviaire suisse est aussi performant qu’onéreux. Quelque 4 milliards de francs ont, par exemple, été investis dans les infrastructures du réseau ferré au cours de l’année 2012. En comparaison internationale, la Suisse possède – et de loin ! – le taux d’investissement par habitant le plus élevé dans l’infrastructure ferroviaire.

ÉVICTION DU TRAFIC MARCHANDISES PAR LE TRAFIC VOYAGEURS

Parallèlement, le transport des voyageurs évince progressivement le trafic de marchandises, comme le montre l’exemple de la nouvelle liaison ferroviaire à travers les Alpes (NLFA), élément clé de la politique de transfert de la route au rail planifiée et construite dans ce but. Lors de la planification des sillons du nouveau tunnel de base du Lötschberg, 80 sillons avaient été attribués au trafic marchandises et 30 au transport voyageurs. Depuis le démarrage de l’exploitation, le rapport s’est profondément modifié en faveur du trafic voyageurs, et ce sont désormais 60 convois de marchandises et 50 trains de voyageurs qui empruntent quotidiennement le tunnel.

DÉFI A RELEVER : L’AUGMENTATION MASSIVE DU TRAFIC

Dans le domaine des transports publics (route incluse), la Confédération s’attend à une progression du trafic de 50% entre 2010 et 2030. En raison de la diminution constante des capacités disponibles, le fret ferroviaire ne dispose plus d’un nombre suffisant de sillons de qualité et souffre ainsi d’un déficit de compétitivité par rapport à la route.

RENFORCER LA PRODUCTIVITÉ GRACE A UNE CONCURRENCE ACCRUE

La concession de trafic longues distances octroyée aux CFF arrivera à échéance en 2017. Un accès non discriminatoire aux infrastructures et des conditions-cadre conformes au marché devraient garantir une concurrence efficace sur le réseau ferroviaire.

Alors que le secteur du trafic marchandises a été libéralisé en 1999 déjà, la concurrence peine à s’y imposer faute de conditions identiques pour tous les protagonistes. Par ailleurs, le segment du fret des CFF ne jouit pas au sein du groupe de la liberté entrepreneuriale qui lui permettrait de défendre les intérêts du trafic marchandises face au segment du transport de voyageurs et de coller pleinement aux réalités du marché. Cette situation entrave le développement de la concurrence et le renforcement de la compétitivité du fret ferroviaire.

NAVIGATION :

LA NAVIGATION SUR LE RHIN BIENTÔT DANS L’IMPASSE

LA CONFÉDÉRATION DOIT S’APPLIQUER DAVANTAGE DANS LA PLANIFICATION POUR GARANTIR LES INFRASTRUCTURES D’APPROVISIONNEMENT D’IMPORTANCE NATIONALE.

UN PORT UNIQUE POUR TOUT LE TERRITOIRE

Les ports rhénans suisse à Bâle représentent une infrastructure d’importance nationale. Environ 10% du volume importé sont acheminés vers la Suisse par les voies navigables. En 2014, le pétrole et les produits pétroliers constituaient près de 42% des importations acheminées par le Rhin. Un tiers de l’essence, du diesel et du mazout arrive en Suisse par bateau. D’autres marchandises essentielles transbordées dans les ports rhénans sont les roches et les terres, les métaux, les machines, les produits chimiques ainsi que les denrées alimentaires et le fourrage.

TRAFIC DE CONTENEURS EN HAUSSE CONSTANTE

Dans le commerce international, le transport de marchandises s’effectue toujours plus par conteneurs. Ceux-ci réduisent sensiblement les coûts de transport et augmentent fortement la productivité de la chaîne logistique intermodale. Aux ports rhénans aussi, il s’en traite de plus en plus. Depuis l’an 2000, leur nombre a augmenté de près de 3,7% par an pour atteindre 123'494 unités en 2014, plus que jamais auparavant. A titre de comparaison : en 2000, le nombre de conteneurs importés et exportés via des ports de la mer du Nord comme Rotterdam ou Anvers atteignait tout juste 75'000.

UN TRAFIC QUI AUGMENTE SANS CESSE

Dans les années à venir, l’infrastructure des ports rhénans deviendra de plus en plus un goulet d’étranglement. Les installations de transbordement disponibles côté terre et côté fleuve ne pourront pas absorber la hausse annoncée du trafic de conteneurs et d’huiles minérales.

INTÉGRATION DES DIFFÉRENTS MODES DE TRANSPORT DANS DES RÉSEAUX MONDIAUX

Mieux intégrer la navigation fluviale et l’économie portuaire dans la planification intermodale et internationale des transports constitue un défi.