mercredi 01 mai 2013

L’ASSOCIATION DES TRANSITAIRES DE GENEVE A 75 ANS !> Retour

Propos recueillis par Flavia Giovannelli pour le journal de la Fédération des Entreprises Romandes
Thurgovien d'origine (mais Glaronais de coeur !), Urs Brunschweiler vit à Genève depuis 1978. Il a toujours travaillé dans le domaine des transports. Il a participé à la création de Jetivia en 1989, puis il est devenu directeur et actionnaire de celle-ci en 1991. Depuis 1999, il est seul propriétaire de cette entreprise spécialisée dans le transport et l'approvisionnement. Il a donc toutes les qualifications pour présider l'Association des transitaires de Genève, fonction qu'il occupe depuis deux ans. A ce titre, il pose un regard averti sur l'avenir de cette profession.

En quoi le métier de transitaire, méconnu du grand public, s'est-il modifié depuis les débuts de l'Association ?

En ce qui concerne la manière d'organiser un transport, je ne mentionnerai pas de nombreux changements au cours de ces dernières années, si ce n'est que les avions et les bateaux sont devenus plus grands, tandis que les camions sont autorisés à transporter des marchandises dont le poids total est plus lourd que dans le passé. La différence s'avère notable pour le flux et le traitement de l'information, ce qui touche tout le déroulement des opérations, avant ou pendant un transport. Les progrès technologiques ont également eu une grande influence sur nos activités. Ce n'est pas la même chose de travailler à l'ère du téléphone satellite qu'à celle du fax, voire du télex ! En d'autres termes, le papier a presque disparu.
On imagine que les tâches se sont complexifiées, dans un environnement mondialisé et avec des échanges économiques accrus ?

Les envois sont devenus plus petits, mais plus fréquents, car le client ne veut pas ou ne peut plus stocker de la marchandise. Il achète pour une livraison ou une vente directe à son client. Cela reflète d'ailleurs des changements économiques et structurels profonds, résultant de plusieurs facteurs : les banques ne font plus de crédit, l'immobilier coûte plus cher, donc les dépôts pour le stockage tendent à être plus petits. Résultat : une entreprise ne peut plus acheter en grande quantité.

Autre phénomène : les délais de transport se sont raccourcis. Le client commande aujourd'hui et souhaite recevoir sa marchandise demain.

Les accords économiques décident en partie des grands pôles ou des régions d'activités de notre métier. Aujourd'hui, tout transitaire doit pouvoir faire des importations en provenance de Chine. Demain, cette donne changera peut-être, au moins en partie.

La place de Genève est-elle essentielle pour les transitaires ?

L'Association des transitaires de Genéve (ATG) comporte quarante-cinq membres transitaires, qui comptent ensemble près de mille cinq cents employés. Genève est une plaque tournante vers la France et les pays du Sud, tout comme Bâle l'est pour les pays du Nord et Buchs pour ceux de l'Est. L'aéroport international donne accès au monde entier, que ce soit à l'exportation ou à l'importation. Un point de passage ou de frontière important et un aéroport international engendrent en général une concentration de transitaires par le besoin de services de transport, de douane et de stockage.

Le volume d'affaires a-t-il beaucoup évolué au cours de ces dernières années ?

Le secteur industriel, qui passait de grosses commandes aux transitaires, a rétréci comme une peau de chagrin avec la disparition d'acteurs comme la SIP,AG Charmilles, BAT, Motosacoche ou Tavaro, entre autres grandes entreprises.  Je me souviens par exemple qu'il a fallu affrêter, il y a quelques années, un avion rien que pour une commande de la SIP. Certes, l'industrie horlogère a, en partie, remplacé la perte de l'indsutrie lourde. Non seulement pour les montres mais aussi pour les écrins et les composants, ainsi que pour les stands des foires, par exemple.  Mais cela est loin de compenser la demande passée. Les sociétés et les multinationales du tertiaire installées à Genève sont des clientes intéressantes, mais leurs commandes représentent de petits volumes. En résumé, nous consatatons qu'il y a eu une mutation structurelle.

Quelles sont les priorités pour l'avenir ?

Nous allons nous préoccuper davantage de l'environnement : recyclage des déchets, optimisation des déplacements en jouant sur le remplissage d'un véhicule de livraison, par exemple.

La formation est un autre axe essentiel. Il reste primordial d'encourager la relève. Notre métier est méconnu mais il est pourtant riche en potentialités, comme nous le montrons à travers un petit film promotionnel sur le site de l'ATG.